Le Tribunal de Grande Instance de Paris

by • 17 Aprile 2018 • Progetti1330

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PARIS (FRANCE). Le 16 avril, le Tribunal de Grande Instance de Paris a accueilli ses premières audiences dans un gratte-ciel à la silhouette séquencée signé Renzo Piano Building Workshop. Quarante ans après le Centre Pompidou, Renzo Piano offre à Paris un second édifice magistral déjà couronné par le prix de l’Equerre d’argent. Avec plus de 100 000 m2 de planchers, 2 500 salariés et 8 500 visiteurs par jour, c’est le plus grand complexe judiciaire d’Europe et il devient l’immeuble le plus haut de Paris après la tour Montparnasse.

Fruit d’un partenariat public privé entre le ministère de la Justice et Bouygues Construction, le Tribunal de Grande Instance complète le palais de justice historique de l’ile de la Cité où demeurent les cours d’appel et de cassation. Pour les utilisateurs habitués au cadre multiséculaire du Paris historique, c’est un changement radical d’univers.

En lisière du boulevard périphérique, du parc Martin Luther King et des nouveaux quartiers de la ZAC Clichy Batignolles, cet immense gratte-ciel de verre et de métal de 160 mètres de haut captive le vélum parisien par sa silhouette inédite née de la superposition savante de quatre volumes d’ampleur décroissante ponctués de terrasses arborés. Visible de partout avec ses immenses façades vitrées qui regardent Montmartre, la Tour Eiffel et Clichy, il remodèle de façon décisive le quartier de porte de Clichy qui en avait bien besoin.

Lors du concours, le ministère de la Justice pensait séparer fonctions publique et bureaux dans deux bâtiments distincts mais Renzo Piano Building Workshop a choisi de les réunir dans un seul édifice qui, par son échelle fédère la réhabilitation et le développement du quartier. L’axe principal du TGI s’aligne sur la diagonale Nord-Sud du parc, qui réarticule Paris vers sa banlieue. Posé sur un parvis minéral, il est composé d’un socle de 5 à 8 étages qui intègre la partie basse de la tour de bureaux constituée de trois parallélépipèdes superposés, en lévitation. Prolongées en fines lames, les façades est et ouest magnifient la légèreté d’un édifice sans artifice où l’esthétique relève avant tout d’un rationalisme constructif.

La Salle des Pas Perdus distribue les fonctions publiques et les 90 salles d’audience sur plusieurs niveaux autour du vaste atrium de 28 mètres de haut situé au cœur du socle. Des puits de lumière zénithaux font vibrer les colonnes d’acier qui rythment cet espace.

Dans ce bâtiment majestueux paré d’une «double peau en verre» et doté de nombreux panneaux photovoltaïques, la lumière est omniprésente y compris dans les salles d’audience. Mêlées à des parements en bois de hêtre, la blancheur et la transparence de l’architecture font écho sans austérité à la symbolique et à la transparence de justice. Au huitième étage, une terrasse boisée de 7 000 m² est dédié à la promenade et aux échanges. Aux 19e et 29e étages, les blocs en lévitation accueillent des jardins suspendus dans le prolongement visuel du parc.

Aujourd’hui, les juridictions du TGI, le tribunal de police et le tribunal pour enfants s’installent peu à peu dans l’édifice qui est relié par un tunnel au siège de la police judiciaire qui remplace par une architecture plus anodine le mythique 36 quai des Orfèvres de l’Ile de la Cité.

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