Biennale d’architecture d’Orléans, « Nos années de solitude »

by • 9 Ottobre 2019 • Senza categoria94

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Lors de l’inauguration de la seconde édition de la Biennale d’Orléans dont le titre et l’esprit puisent aux sources du chef d’œuvre du grand écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez, c’est à un petit tour de la ville que nous ont convié Abdelkader Damani, directeur du Frac Centre-Val de Loire, co-commissaire, avec l’architecte Italien Luca Galofaro. Du Pavillon des Turbulences du Frac sur le site des subsistances militaires à la Crypte Saint-Avit en passant par la rue Jeanne d’Arc, la collégiale Saint-Pierre, le théâtre et la médiathèque, le parcours se déploie dans quatorze lieux différents. Si cette Biennale surfe sur la réputation des collections témoignant du rapport entre l’art et l’architecture que le Frac centre a réunies depuis 1991, cette édition marque un nouveau temps fort qui nourrit la collection par quelques commandes à des artistes. C’est ainsi que la crinoline de l’abri en polystyrène expansé de Takk et Santiago Borja qui n’est pas sans évoquer la mariée de Niki de Saint -Phalle ouvre la visite.

« Avec la volonté de prendre la ville comme une fabrique, la Biennale se présente comme une série d’archipel où fiction et réalité s’entremêlent par le biais des paysages de solitude proposés par les commissaires invités sur chaque îlot à évoquer des lieux du monde où l’architecture reste umanifestazione,ne forme d’engagement et une “promesse” pour les libertés », précise Damani en nous invitant à découvrir une belle salle offerte au totems d’André Bloc que le Frac a entrepris de restaurer et à des œuvres de John Hejduk, Absalon ou Chris Maker entre autres , présentées tel « un abécédaire ouvert de la notion, à la fois crainte et désirée, de « “solitude” ».

 

La collection du MAXXI à l’honneur

Cette Biennale s’affirmant aussi comme une biennale de collection, l’Italie est particulièrement à l’honneur à travers un extrait des collections du MAXXI de Rome qui regroupent des artefacts et documents témoignant de la complexité matérielle et conceptuelle de l’architecture à travers les processus qui la façonnent : de la génération d’idée à sa réalisation physique, son utilisation et son insertion dans un contexte matériel et immatériel. Parmi les œuvres de Costantino Dardi, Sergio Musmeci, Luigi Pellegrin, Franco Purini, Maurizio Sacripanti, Giuseppe Perugini, Laura Thermes, Beniamino Servino, Aldo Rossi et Zenaide Zanini ainsi présentées, notre coup de cœur va aux dessins et à la maquette du «  Château de la Loire » de Beniamino Servino, une architecture sans substance et sans épaisseur qui pourrait déboucher sur la création d’une œuvre à échelle 1 à Orléans. Si la collection du Frac Centre-Val de Loire est souvent présentée comme un voyage à travers une utopie qui a pu créer les bases théoriques d’une pensée, la collection du MAXXI raconte en revanche l’utopie concrète de ce qui était réellement construit et pensé dans l’Italie de l’après-guerre. Une Italie qui croyait en son avenir, où l’architecture jouait un rôle clé dans les transformations sociales, culturelles et politiques du pays.

 

Arquitetura Nova, Gunschel et Pouillon

A la Collégiale Saint-Pierre, Sergio Ferro, peintre et architecte brésilien, invité d’honneur de la Biennale, nous a entraîné dans un autre univers en présentant l’exposition «  Des rêves vus de près  »  qui traduit l’engagement et la résistance du groupe brésilien  Arquitetura Nova  face à la dictature brésilienne (1964-1985). Les ressources du vernaculaire et de l’art sont ici confrontés au regard critique porté sur Brasilia.
Aux Turbulences, deux figures singulières de la seconde moitié du XX è siècle sont réunies. La très riche collection des dessins Günter Gunschel présentée dans «  Homo Faber, un récit  » entremêle avec poésie structures, recherches et utopies en montrant comment la nature influence l’architecture, tandis qu’une lecture de l’œuvre algérienne de Fernand Pouillon anticipe une exposition plus large annoncée sur l’architecte. «  Cette première exposition sur Günter Gunschel est représentative de la spécificité du Frac qui – fait assez rare- consiste à collectionner des esquisses ou des rêves d’architectes  », ajoute Abdelkader Damani. Quant à celle consacrée à Fernand Pouillon, elle ponctue la première étape du travail de recherche mené sur les archives Pouillon à Alger par Pierre Frey, historien de l’art, et enseignant à de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), accompagné de Bernard Gachet pour le dessin et Daphné Bengoa pour la photographie.

Au Théâtre d’Orléans, « De la solitude à la désolation » livre une analyse du Mexique actuel. A la médiathèque, ce sont les étudiants de l’école d’architecture paris Belleville qui proposent deux chapitres sur Lina Bo Bardi.

Alors qu’en France, la pérennité des FRAC est parfois remise en cause, cette biennale et l’exemple du Frac d’Orléans témoignent de la vitalité de ces institutions.

 

Visites, ateliers, conférences, débats et projections sont au programme de l’événement. A consulter sur le site du Frac Centre-Val de Loire: www.frac-centre.fr

 

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