Paris, François Pinault et Tadao Ando à la Bourse du commerce

by • 27 giugno 2017 • Progetti414

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« Fin de chantier : 17 décembre 2018. Ouverture : début 2019 ». Le tempo tonique de François Pinault concrétisera l’installation du nouveau musée de la Collection Pinault après restauration et restructuration de l’ancienne Bourse du Commerce de Paris1 dont l’histoire remonte au XVI è siècle.
Le 26 juin, autour du célèbre industriel collectionneur d’art, de son fils François Henri Pinault, PDG du groupe Kering et président de la holding familiale Artémis, d’Anne Hidalgo, maire de Paris et de l’ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, conseiller de François Pinault, une conférence de presse a permis aux acteurs du projet de préciser les contours de ce nouveau phare pour le rayonnement de la création contemporaine à Paris. Comme au Palazzo Grassi et à Punta della Dogana à Venise, François Pinault a souligné l’engagement d’une démarche à laquelle sa famille et notamment ses descendants sont associés. Convaincu que l’Etat a d’autres priorités, il souhaite, à l’inverse d’autres collectionneurs, renoncer aux avantages fiscaux auxquels la création d’une Fondation aurait permis de prétendre. La famille financera des travaux de 108 millions d’euros, contribuera par dotations successives au frais de fonctionnement et versera à la Ville une redevance annuelle dont les modalités relèvent du bail emphytéotique de cinquante ans concédé par la Maire de Paris.
En piste ici comme à Venise, l’architecte Tadao Ando, est accompagné de Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des monuments historiques et de leurs confrères Lucie Niney et Thibault Marca de l’agence NeM. Sous l’égide de Daniel Sancho, directeur de la maîtrise d’ouvrage, qui dirigea d’autres grands chantiers culturels emblématiques, ils orchestreront le futur d’un édifice qui connut plusieurs vies. Louée lors de l’exposition universelle de 1889 pour ses innovations architecturales et techniques, la Bourse du commerce résulte de la transformation par Henri Blondel de l’ancienne halle au blé édifiée au XVIII è siècle sur le site de l’hôtel particulier de Catherine de Médicis. Construits au fil du temps, son plan annulaire, sa colonne du XVIe siècle, l’escalier Chambord, la coupole et sa charpente en fonte de fer créée en 1813 par François Joseph Bélanger et les balcons intérieurs sont autant éléments remarquables que Pierre Antoine Gatier restaurera dans le respect de leur état historique de même que les façades.
A l’intérieur, fidèle à son matériau de prédilection, Tadao Ando tisse une connivence dynamique avec l’existant en inscrivant dans le vide de la rotonde un cylindre en béton de 29 mètres de diamètre sur 9 de haut. Structuré par des éléments métalliques, il abritera l’espace d’exposition ouvert sous la coupole en rythmant la circulation entre l’auditorium en sous-sol et les galeries d’exposition déployées sur les trois niveaux.
Jean-Jacques Aillagon a rappelé l’avis élogieux des Commissions des monuments historiques et du Vieux Paris sur le permis de construire et la tâche accomplie depuis la signature du bail en juillet 2016, la remise des clés puis l’attribution du marché à Bouygues Constuction. Onze ans après avoir été contraint à renoncer à son projet sur l’île Seguin, François Pinault semble donc bénéficier des meilleurs auspices sur ce site historique proche des Halles et du Louvre où 7 700 mètres carrés dont 3000 d’exposition seront offerts au public. Martin Bethenod, directeur général délégué de Collection Pinault-Paris et directeur du Palazzo Grassi et de Punta della Dogana mettre en résonnance les trois lieux.

 

Image en haut : sketch de Tadao Ando (© Tadao Ando. Courtesy Collection Pinault – Paris)

 


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